Ce soir-là donnait une impression de fin du monde.

Il était simplement question d’un dîner entre amis après une longue journée de travail. Tout le monde était épuisé.

           « Hé les gars, les gars… Ophélia est en route ! »  

Chaque personne dans la pièce commença à s’éveiller à cette annonce. Ophélia arrivait. Cela ressemblait au « winter is coming » (1) de Game of Thrones mais dans le vrai vie. Etait-ce réel ou simplement un mirage ? Allait-elle tout détruire sur son passage dès demain matin ou, sans violence, les épargner ?

Quatre amis marchant dans les rues. Première réaction quand un ouragan va frapper. Se préparer. En chemin pour Tesco, leurs pensées bouillonnaient. Des pics d’adrénalines traversant leurs veines. Battement de cœur.  

Plus vite.

Et plus vite.

Et plus vite.

Ils entrent dans le magasin. Comment se préparer pour une tempête ? Sans même se consulter du regard, ils allèrent instinctivement au rayon alcool. Vingt-cinq canettes de bière dans les bras, il est temps de rentrer à la maison. Les rues étaient désertes, le temps doux… Pas un brin de vent.

C’est le calme avant la tempête.

           « Et toi, qu’est-ce que tu penses d’elle… Ophélia ? Tu as peur de demain ? »

Il prit une nouvelle gorgée de bière, prenant le temps d’en savourer les arômes. Il commençait à être bien.

           « Moi ? Avoir peur d’Ophélia ? Oh non, ça non. Elle est intense c’est sur. Elle pourrait tout faire exploser en une inspiration. Mais son côté sauvage est si beau. Elle est l’expression pure de la nature. Rien ne me fera me sentir plus vivant que lorsqu’elle frappera à notre porte demain. »

L’horloge tournait. Toutes les bières étaient réduites à l’état de cadavre. Tout le monde dansait maintenant, riaient comme si il n’y avait pas de lendemain possible. Parce que, finalement, qu’est-ce qui comptait cette nuit là ? Rien du tout. Après tout, c’était la dernière nuit avant la fin du monde.

L’aube pointait le bout de son nez. Le vent commençait à souffler. Le soleil se levait doucement pendant que l’alcool quittait leur système. Ils ressentaient tous un étrange sentiment de peur et d’impatience.

Toc. Toc. Toc.

Ophélia est là.

– en souvenir de cette nuit d’octobre 2017, à Dublin.

(1) l’hiver arrive

Sergente Garcia