Absolument tout ce qu’il cherche. A tel point que l’internaute peut finir par arriver sur 4chan et tomber sans trop savoir comment dans le deepweb. Pourtant, il n’y a pas besoin d’aller aussi loin pour se divertir. Sur la toile, on peut trouver les oubliés du cinéma. Les films qui ne sont sortis qu’en DVD, dans le silence le plus total, gardant la honte de leur réalisation dans une grotte obscure en espérant que personne ne viendra les trouver. Pas de chance, les sites de streaming pullulent. Outre les chefs d’œuvres que l’on peut revoir gratuitement ou les films qui sont encore au cinéma mais disponibles en Québécois, en streaming, il y a les suites. Certes, certaines suites sont bonnes à prendre, on pensera notamment à Terminator 2 ou The Dark Knight. Mais d’autres, sans prendre de gants, sont de gigantesques bouses. Alors pourquoi les sites de streaming mettent en libre accès des nanars pareil ? Bonne question, mais la question n’est pas là. L’important est de comprendre que l’on peut trouver des merveilles sans noms. Je déconseille le visionnage, mais autours d’un apéro entre un chipster et une olive, il y a là des anecdotes pour briller.

Donnie Darko 2, L’héritage du sang :

Quand le premier est un très bon film, c’est dur de faire une suite qui tienne la route. Ce n’est plus Richard Kelly qui tient la barque mais Chris Fisher. Le premier film met en scène Donald Darko qui doit réaliser sa destinée avant la fin du monde. Il est accompagné d’une créature mystique que seul lui peut voir et qui l’aidera dans sa quête.  La suite s’est penchée du côté de l’originalité en mettant en scène la petite sœur de Donald après les évènements du premier film. Les thèmes présents dans le premier film lui donnent une grande profondeur et un aspect onirique grâce à l’étrange et au fantastique. La suite essaye de reprendre les mêmes thèmes. Et bon dieu, c’est truffé d’incohérences à en faire vomir le cerveau. Beaucoup d’éléments complexes du premier sont présent, mais au lieu d’en faire un puzzle qui se résout au fur et à mesure que le film avance, le réalisateur l’a balancé contre le mur pour voir s’il pouvait se résoudre tout seul.  C’est sans saveur que l’héroïne essaie tant bien que mal de transmettre des émotions. Pour combler le vide affiché sur son visage, les angles de caméra et la costumière ont certainement ravi les plus pervers, la laissant toujours se balader en pyjama. Bref, il n’y a pas grand-chose à sauver, même pas une tranche de rigolade tellement c’est pathétique et insultant pour le premier.

Blair Witch 2, le livre des ombres :

Alors là, c’est la suite d’un film d’horreur qui a posé les bases du Found Footage sans les inventer. Le premier est une réalisation à petit budget pour un grand frisson, et c’était réussi. Les amateurs de films d’épouvante étaient ravis et l’originalité du processus a inspiré bons nombre de films tel que Cloverfield, Rec et j’en passe. Des étudiants en cinéma qui vont chasser la sorcière dans la forêt de Blair Witch, sans oublier leur tente et leur réchaud, il y a de la place pour l’empathie. Désolé pour les curieux qui n’ont pas vu le premier mais je suis obligé de spoiler pour la suite : les jeunes, ils disparaissent. Alors forcément, il faut un numéro deux. Tout pareil, une bande de jouvenceaux qui vient se frotter à la légende urbaine sachant pertinemment qu’il y a des gens qui ont disparu en ces lieux. Bah que nenni, les nouveaux ils s’en foutent et en plus ils jouent mal. Très mal. Et le pire, c’est que le principe de caméra à l’épaule du premier volet est balayé par la caméra objective. Donc plus de tension, plus de stress mais que de l’ennui. Rien d’original, passez votre chemin, il n’y a rien à voir. Ceux qui adorent sont des trolls.

Une nuit en enfer 2, le prix du sang :

Le premier est du réalisateur Robert Rodriguez à qui l’on doit Sin City ou Planète Terreur. Un pote à Tarantino avec un style très particulier qui ne fait pas dans la demi-mesure. Le premier était porté par deux acteurs principaux très bon, Georges Clooney et Quentin Tarantino. C’étaient deux frères truands qui essayaient de s’échapper au Mexique en faisant une halte à la frontière, dans le célèbre bar « Le Titty Twister ». Un endroit qui leur réservera bon nombre de surprises. Certes, il n’y a pas de quoi tomber de sa chaise en lisant le pitch mais c’était bien fait avec l’ambiance western, enclin à la dérision et les dialogues maîtrisés. C’était agréable. Le deuxième n’est pas plus original pour autant avec un gang de malfrats qui se reforme pour braquer une banque à la frontière du Mexique. Le réalisateur est assez connu pour sa manie de ne faire que des films de série B. Il ne déroge pas à la règle avec cette suite qui pourrait être analysée en école de cinéma tellement tout est mauvais. Une bonne leçon pour savoir ce qu’il ne faut pas faire dans la réalisation d’un film. Acteurs médiocres de seconde zone, budget moindre, personnage mort dans le premier et ressuscité comme par enchantement. Même la brève apparition de Bruce Campbell (héros de Evil Dead) n’a pas suffi à donner le sourire. Le cadrage, la lourdeur des dialogues, les décors, tout est bon à jeter. Si vous l’avez en DVD, détruisez-le, ça porte malheur.

Titanic 2 :

Et paf ! Vous ne vous y attendiez pas à celle-là ! Vous deviez vous dire que les films d’avant vous ne les avez pas vu, ou pire si vous n’êtes pas cinéphile (encore pire si vous l’êtes) que vous n’en n’aviez jamais entendu parler. Et bien plus d’excuse, il va falloir mettre votre conscience en jeu car oui l’humanité peut faire des erreurs, des grosses et peut être que vous en faites partie. Non, cette animosité n’est pas justifiée, mais ce film non plus. Il aurait pu être fun en nanar assumé avec une punchline « il remonte et il n’est pas content », mais non. Par contre, c’est un bon nanar. C’est-à-dire que tout est tellement mal fait qu’à l’inverse des films plus haut, et ben c’est plutôt marrant. Parfois navrant, mais quand même hilarant. Les décors sont faits avec les fesses, les acteurs jouent aussi bien que votre petit cousin qui imite Naruto. L’histoire du film ? Facile. Qu’est-ce qu’on fait 100 ans après une catastrophe ? Ben on fait en sorte qu’elle se reproduise, c’est la tradition. On reconstruit le Titanic (du pauvre), on y met tous les gens dont on se fout et on le refait couler. Bien sûr, les personnages ne sont pas tout à fait les mêmes et puis on est 100 ans après quand même. Du coup, pour ne rien gâcher je ne parlerais pas des nombreuses scènes qui diffèrent du premier mais elles valent le coup d’œil, histoire d’avoir une bonne tranche de rigolade. Au fait, le Jake bis meurt à la fin, mais c’est un riche. What did you expect ?

Bien sûr, tout est relatif comme cet article qui est le témoignage du goût de son auteur et ne reflète en rien l’avis général de la rédaction. Le ton non plus, mais que voulez-vous, quand on est devant le gouffre de la connerie, faut savoir se détendre.

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Source : Allocine.fr