Il m’a été difficile d’écrire cet article tant j’étais persuadée que des mots seraient toujours trop faibles pour décrire le génie de cette série. Alors voici une sorte de présentation non exhaustive des nombreux atouts de The Office qui, j’espère, vous convaincront de regarder.

Il s’agit d’une série anglaise créée par Ricky Gervais et Stephen Merchant qui a été diffusée sur la BBC entre 2001 et 2003. Une version américaine sera lancée en 2005 et connaîtra un énorme succès, notamment grâce à la présence remarquée de Steve Carell. C’est de cette version, qui a totalement conquis mon cœur, dont je vais vous parler dans cet article.

La série présente la vie d’employé.e.s de bureau de l’entreprise de papier Dunder Mifflin dans la petite ville de Scranton en Pennsylvanie. Nous suivons alors les amitiés, romances, disputes de Jim, Michael, Dwight, Pam, et bien d’autres. Voilà en somme à quoi se résument les neuf saisons de The Office. Rien de palpitant au premier abord semblerait-il, et pourtant…

L’humour, entre malaise et burlesque

La force principale de la série selon moi est son potentiel comique. Les blagues risquent fort de vous mettre mal à l’aise et c’est ici qu’est tout l’enjeu de cet humour si particulier. On connaît tous et toutes ces échanges de regards gênés après qu’une personne un peu bruyante ait fait une blague de mauvais goût. The Office, c’est un peu le même principe. Michael Scott, le patron, c’est un peu l’oncle lourd qui veut faire rire à tout prix et qui enchaîne les réflexions gênantes. S’en suit alors une série de regards caméras sur les employé.e.s, consterné.e.s, qui semblent juger vraiment très fort ce qui vient de se passer. Pas besoin de grandes explications, la série se charge de cette façon de nous montrer à quel point l’humour de Michael Scott peut être affligeant. De nombreux sujets comme l’homosexualité, le harcèlement, le handicap et bien d’autres, sont abordés de façon intelligente et novatrice. Ces sujets ne sont pas mis en lumière à travers un humour poncif et déjà vu. Au contraire, le soin est pris de mettre le doigt sur la lourdeur des gags et non plus juste de resservir les mêmes diatribes.

L’univers de l’entreprise peut paraître austère, c’est pourtant le lieu principal de vie des personnages de la série qui assistent à tous les événements traditionnels de la vie de bureau :  les pots de départ, les anniversaires, les réunions, etc. Tout l’ennui qui pourrait se dégager de cet endroit est contrasté par l’infatigable volonté de Michael Scott à « mettre l’ambiance », proposant ainsi des journées à thème, des danses, des costumes tous aussi incroyables les uns que les autres.

Le personnage de Jim est également connu pour ses blagues, absolument ingénieuses et idiotes. Il s’amuse à tourmenter son collègue Dwight en déplaçant son bureau dans les toilettes ou en lui faisant croire qu’il s’est fait piquer par une chauve-souris et qu’il est en train de se transformer par exemple.

Si vous aimez l’humour qui met mal à l’aise et l’humour un peu idiot aussi, alors vous devriez rire, beaucoup.

Le charme des personnages

Lorsque j’ai terminé la série, l’une des premières choses que je me suis dite c’est que j’avais rarement trouvé des personnages aussi attachants et qui connaissaient une évolution aussi intéressante. Beaucoup paraissent être totalement secondaires au début de la série mais vont prendre de plus en plus d’importance. Le fait d’apprendre à connaître aussi bien les caractères et la vie personnelle de chacun.e fait que certains personnages paraissent au premier abord absolument insupportables mais se révèlent finalement attachants et indispensables. Nous assistons au fil des saisons à un développement poussé des relations, si bien que je vous l’assure, au bout de 201 épisodes, la fin de la série sera synonyme de grosse chialade.

La série présente aussi, à mes yeux, l’un des plus beaux couples de l’histoire des séries

Spoiler »

: j’ai nommé Pam et Jim. Impossible de ne pas succomber aux rapprochements entres les deux personnages. Au début de la série, Pam la réceptionniste n’est pas heureuse avec celui qui partage sa vie et qui travaille aussi dans l’entreprise. Petit à petit, elle et Jim vont se rapprocher et vont finir par former un couple, ce que tout le monde attendait avec grande impatience. Et que dire de leur amour qui consiste entre autres à apprendre le morse pour le simple plaisir de s’envoyer des messages codés et ainsi faire des blagues à Dwight.

Et enfin évidemment, il serait impossible de parler de The Office sans parler de Michael Scott. Ce patron qui, pendant les premières saisons s’avère être l’humain le plus insupportable et le plus lourd qu’il m’a rarement été donné de voir, va devenir de plus en plus attachant et drôle. Il est beaucoup trop immature pour avoir autant de responsabilités et cherche à tout prix à être aimé, à faire rire ses collègues. Ses maladresses sont à la fois touchantes mais aussi vraiment énervantes, et je vous jure qu’à la fin de la série, vous n’aurez qu’une envie, faire un gros câlin à Michael Scott.

La forme du mockumentary

Le mockumentary est une sorte de faux documentaire qui prétend filmer la vie quotidienne de protagonistes, alors que tout n’est que fiction. Ainsi, The Office montre Dunder Mifflin et ses employé.e.s à la manière d’un reportage, caméra à l’épaule. En témoignent les perches que l’on aperçoit parfois dans le cadre, les caméramans qui discutent avec les personnages ou encore les séquences « volées », montrant des scènes qui n’auraient pas dû être filmées par le documentaire. Évidemment, le sentiment qui ressort de ce procédé est la proximité, le réel, on a l’impression de connaître ces employé.e.s, des habitant.e.s de la classe moyenne américaine. Il est donc intéressant de voir comment The Office, bien que jonché de loufoqueries, parvient à montrer une image parfois pas très glamour mais néanmoins authentique de la vie de bureau.

En bref, je ne peux que vous encourager à regarder cette série, c’est clairement la meilleure série comique que j’ai jamais vue. Les personnages sont attachants, énervants parfois mais ils réussiront à vous séduire sans grand doute. Les quelques chansons qui parsèment la série sont une pure merveille et vous feront peut-être bien un peu pleurer aussi.

Il y a quelques semaines, Steve Carell annonçait sur Twitter le retour de The Office prochainement sur NBC, puis expliquait dans un autre tweet qu’il s’agissait d’une blague. Affaire à suivre…

Doé