Le 2 juin 2017 sera une date historique pour tous les gamers vénérant les jeux de castagnes et de bornes arcades[1]. Le nouveau et dernier Tekken sortira officiellement dans le monde, sur console et PC. Les japonais, ces petits veinards, y ont déjà accès depuis le 7 juillet 2016 puisque le jeu est officiellement sorti sur borne d’arcade le 18 mars 2015. Fort à parier qu’ils auront une avance non négligeable lors de compétitions Esport[2] étant donné que cela fait plus d’un an qu’ils matraquent les boutons de leur manette. Ceci explique aussi le nom à rallonge Tekken 7 Fated Retribution pour la sortie mondiale, justifié par de nombreuses mises à jour depuis sa sortie au Japon.

Légère précision pour ceux qui se sont perdus : Tekken est un jeu de combat opposant deux personnages avec une jauge de santé. Le combattant ayant sa barre de vie vide perd le round, ou le combat.

Bref, cet opus marque la fin d’une aventure, d’une histoire et sonne de nombreuses heures de combats intenses. Que ce soit chez vous dans votre salon, dans les compétitions, dans les salles de jeux, le bruit d’impact monstrueux, de râle d’agonie et de mâchoire brisée résonneront dans le monde. Des larmes seront versées, la nostalgie s’emparera des plus vieux et l’engouement des plus jeunes. Nous parlons là d’un monument qui signe ses lettres de noblesse sur un tatami.

C’est pourquoi il est primordial de faire une petite rétrospective de ce qu’est Tekken. Nous allons revenir sur le scénario, le tournant de la licence et pourquoi celui-ci est le meilleur rival de Street Fighter et la cause de l’extinction du dinosaure Virtua Fighter. Puis, la cerise sur le ring : un récapitulatif de ce qui nous attend le 2 juin.

La vengeance, une affaire de famille

J’ai écrit monument, j’ai même écrit lettre de noblesse. Certes, les plus sceptiques d’entre vous qui ont des notions en Tekken savent que ce n’est pas grâce à son scénario que le jeu est entré au panthéon.

En 1995, Tekken premier du nom est développé par Namco[3] et sort sur Playstation 1.

Et que découvrons-nous là ? Un homme, nommé Heihashi Mishima, à la tête d’une gigantesque entreprise nommée la Mishima Zaibatsu, grand « méchant » de l’opus, le boss à battre pour finir le jeu. Et ben le dit méchant, pour prouver sa supériorité au combat avec son style d’art martial hérité de sa famille, les Mishima, décide d’organiser un tournoi de combat : The King of Iron Fist Tournament. Tous les plus grands combattants de la planète s’y réunissent pour prouver leur puissance et remporter le pactole. Un des challengers, un mystérieux Kazuya, porte le même nom que l’organisateur du tournoi. Le scénario nous apprendra qu’il a été jeté du haut d’une falaise par son père, Heihashi Mishima, lorsqu’il était bambin. La raison est encore obscure à ce jour, mais il a survécu et il n’est vraiment pas content. Il va donc participer au tournoi pour se venger de son père et prendre sa place à la tête de l’entreprise.

Voilà, il n’y a pas de quoi défriser un mouton mais au moins on sait pourquoi on est là : se venger de papa. Alors bon, on peut être en droit de se dire que les autres Tekken vont pousser le truc un peu plus loin. Et ben pas vraiment. Je ne veux pas vous spoiler, quoique je doute franchement que quelqu’un va se lancer dans un Tekken sur les anciennes générations de consoles, mais la suite du scénario n’est pas folichonne. Une fois que le fils et le père se jettent à tour de rôle dans un volcan ou d’autres rebords surplombant le vide. On y inclut au fil des jeux, donc des années pour les personnages, un petit-fils, un grand père, soit quatre générations qui se tapent dessus. L’époque du jeu reste assez floue même si je pencherais pour un présent alternatif.

Cette guérilla familiale est le fil narratif de tous les Tekken. Même si on peut finir le jeu en battant le boss avec n’importe quel personnage, la seule cinématique de fin qui soit véridique est toujours celle d’un Mishima. En général, celle-ci justifie le prochain jeu, laissant toujours planer un mystère sur qui va enfin être le plus fort, qui sera vengé, qui a la plus grosse et puis c’est tout. Tekken 7 nous livrera cette réponse.

Ce n’est certes pas le point fort de Tekken, mais grâce à ce scénario basique on prend plaisir à retrouver dans chaque nouvel opus, des personnages qui étaient déjà présent et de nouveaux qui ont un lien avec les anciens. Car oui, les Mishima sont la principale raison de tout ça, mais la multitude de personnages ayant leur propre histoire donne un ensemble plutôt cohérent et forme un éventail de liens parfois surprenant.

Tekken 3 : la révolution

Entrons dans l’arène du sujet. Comme je le disais plus haut, Namco développe Tekken sur borne d’arcade en 1994 et sur Playstation l’année suivante.

En 1998, après un Tekken 2 timide, n’osant pas aller au-delà des bases de Tekken 1, voici un nouvel opus : Tekken 3. Il va devenir une référence pour toute la franchise et le volet le plus populaire de la console.

Il faut tout d’abord savoir que Tekken 1 a été développé pour rivaliser avec Virtua Fighter sortie un an avant. Pourquoi rivaliser ? Parce que Tekken reprend la spécificité de Virtua Fighter, celle-là même qui marque une différence avec Street Fighter : un moteur physique 3D[4]. Et en plus, Tekken va utiliser la motion capture[5] pour rendre encore plus réaliste les mouvements martiaux de ces personnages. Toutefois, le moteur graphique et son système de jeu ultra basique va le rendre creux.

Virtua Fighter va donc gagner ce duel, offrant un plus grand réalisme dans ses effets visuels.

Si je ne m’attarde pas sur Tekken 2, bien qu’il fut novateur sur certains caractères techniques et esthétiques de la série, c’est qu’il y avait encore beaucoup de faiblesses dans ses nouveautés.

Ainsi, Tekken 3 apparaît comme l’aboutissement de la licence sur Playstation 1. Je vais vous épargnez les explications à rallonge sur le pourquoi du comment et les termes techniques qui en ennuierons plus d’un. Alors, je serais concis.

Ce 3ème opus reprend ce qui est la spécialisation de toute la série : son point fort pour certains, son péché pour d’autre. Je parle de la hitbox[6] (ou masque de collision) et de la hurtbox[7]. Pour faire simple, un coup de poing est donné avec la hitbox et le coup est reçu avec la hurtbox. Ainsi, certains jeux de combat comportent des scripts de mouvements, qui rendent le personnage invulnérable selon certaines phases de jeux (au sol, en l’air etc…). Tekken c’est du combat de rue avec des virtuoses de la baston. Il ne s’embête pas avec un script et laisse le choix aux  joueurs de la façon de détruire son adversaire, lui laissant au final peu de contraintes. Du coup, la hitbox et la hurtbox sont activent en permanence.

Cette philosophie va permettre aux joueurs d’enchaîner d’énorme combo et plus spécialement des Juggles (combo en l’air) qui frappent l’adversaire à la volée, ce qui l’empêchera de toucher le sol, donc de jouer.

Tekken 3 a élargi sa liste de commande pour chaque personnage, ajoutant plus de coups, plus de combos donc plus de possibilités et de stratégies. Celle-ci élargit alors le panel de possibilités pour des juggles et surtout grâce à un nouveau mouvement. L’apparition du sidestep (pas de côté) va permettre en plus de faire des esquives, d’enclencher de nouvelles techniques et de nouveaux combos. La technique manette en main sera alors plus précise car il va falloir plus de timing, plus de précision, de rapidité voir d’anticipation pour faire ou parer un combo.

En ce qui concerne le visuel du jeu, c’est bluffant. La motion 3D fait des merveilles et les coups de chaque combattant sont les plus réalistes de l’époque. A comparer, et ce n’est que mon avis, c’est précisément à ce moment-là que Virtua Fighter est allé aux champignons.

Même si ce n’est qu’un critère mineur pour certains, l’esthétique des personnages et leurs personnalités font d’un jeu de combat basique, un jeu qui reste dans les mémoires.

Le meilleur exemple pour Tekken 3 reste le personnage d’Eddy Gordo, le capoeiriste, car réussir à retranscrire aussi fidèlement un art martial aussi dynamique et souple pour l’époque est une prouesse. Mais ce n’est qu’un exemple car même sur Tekken 1, n’importe quel joueur pouvait reconnaître avec le personnage de King, un catcheur qui sort du ventre de la WWE. Le Jeet Kune Do pour Marshall Law (qui est un hommage à Bruce Lee),  le Kung-Fu avec Lei Wulang (qui est un hommage à Jackie Chan) sont les exemples parfaits des personnages qui restent et auxquels on s’attache. Tekken a aussi inventé son propre style d’art martial, le karaté Mishima, le genre de combat des protagonistes qui a le mérite d’être cité. C’est une preuve d’imagination et de technique de pouvoir mettre en mouvement un art martial inventé et (plus ou moins) réaliste.

Ce titre exhale les bases de Tekken mais auxquels on aurait fait un lifting. La jouabilité gagne en dynamisme et en souplesse, un visuel plus saisissant, des cinématiques nettement meilleures, beaucoup de mode de jeux, l’apparition de quelques systèmes de combat et optimisation de ceux déjà présent. C’est le tournant de la licence, un vent nouveau qui rafraîchit son style et va laisser cette marque sur tous les autres jeux de la série qui feront encore mieux avec les nouvelles générations de consoles.

Trailer Tekken 3 :

Combat de pouce

Aujourd’hui, très peu de jeux de combat peuvent prétendre lui tenir le menton. La licence Tekken est un pilier depuis des années si bien qu’aujourd’hui nous entendons très peu parler de Virtua Fighter ou Dead or Alive qui étaient à mon sens les concurrents les plus sérieux.

Des jeux comme Mortal Kombat ou Soulcalibur diffèrent un peu trop dans le gameplay et le style pour être comparés, même si des similitudes se retrouvent.

Si j’ai parlé de Street Fighter dans l’introduction de cet article c’était pour mettre en parallèle la popularité du jeu de Capcom avec Tekken autant dans le cœur des gens (surtout le mien) que sur la scène Esport.

La popularité et la virtuosité de Street Fighter n’est plus à démontrer et reste le jeu de baston 2D le plus populaire de tous les temps. Il est le seul jeu de combat à être autant pratiqué sur la scène Esport.

Avec Tekken 7, Namco espère aussi accéder à ce statut et être un jeu majeur de la scène compétitive. Même si des championnats du monde ont eu lieu pour Tekken 6 et Tekken Tag Tournament 2, les développeurs insistent sur la qualité de leur prochain jeu qui vise à être un jeu Esport pour tout le monde.

Alors meilleur rival ? Peut-être pas. Meilleur ami ? Pourquoi pas. Dans mon imaginaire, ce sont deux licences qui se respectent, qui font preuve d’admiration et de respect l’une pour l’autre car elles évoluent dans deux styles différents. Même si Tekken est très populaire, il apparaît comme un challenger face au boss Street Fighter. Pourtant, l’intérêt qu’ils ont l’un pour l’autre n’est plus à prouver.

Après leur collaboration autour d’un jeu, Street Fighter x Tekken, le 6 mars 2012, réunissant les meilleurs combattants de chaque univers pour un tournoi dans le style 2D de Street Fighter ; Tekken 7 nous a dévoilé un nouveau personnage, très emblématique, très familier à Street Fighter : Akuma. Le personnage le plus fort de la licence Capcom[8] vient s’intégrer au récit de Tekken non pas comme un caméo mais comme un personnage essentiel à l’histoire du jeu.

Donc voici ce qui nous attends pour Tekken 7 : Akuma est le 37e personnage jouable, des matchs toujours aussi tactiques nous attendent, le nouveau coup Power Crush[9] divisera les opinions, la présence de rage Drive[10] pour casser la défense adverse et bien sur l’optimisation de tout ce qui a fait Tekken jusqu’à maintenant sera le couronnement d’une longue carrière.

Le poing final me servira à rebondir sur le dernier gros ajout de ce Tekken 7 qui fait écho à la scène Esport : la possibilité d’organiser pour la première fois des tournois en ligne de la façon dont il vous plaira grâce au nouveau mode Tournoi.

Trailer Tekken 7 Rage and Sorrow sur PC, PS4 et Xbox One:

Sortez le punching-ball, rendez-vous le 2 juin.

Sore Made.

Cloud

[1] Meuble contenant un jeu vidéo payant.Habituellement dans les lieux publics tels que les salles de jeux1.
[2] Aussi appelé « Sport Électronique », désigne la pratique du jeux-vidéo a titre compétitif en multijoueur.
[3] Société japonaise de développement de jeux vidéo créée en 1955.
[4] sert à appliquer des règles de physique telles que l’inertie ou la pesanteur dans le but d’obtenir des mouvements plus réalistes.
[5] permet d’enregistrer les positions et rotations d’objets ou de membres d’êtres vivants, pour les contrôler virtuellement sur ordinateur.
[6] zone sensible d’un élément de jeu aux coups ennemis.
[7] Les zones sur lesquelles votre personnage est vulnérable aux attaques de votre adversaire.
[8] Société japonaise de développement de jeux vidéo créée en 1983.
[9] Nouveau coup spécial accompagné d’une animation qui devra être contré par un coup bas
[10] Lorsque vos points de vie sont faible, le personnage passe en mode rage et ses coups sont plus puissant. Ici, la nouveauté concerne un coup de base qui aura pendant un laps de temps une nouvelle propriété.

Sources:

JEUXVIDEO.COM [en ligne] URL : http://www.jeuxvideo.com/jeux/jeu-74985/  http://www.jeuxvideo.com/jeux/jeu-56283/  [consulté le 27 Février 2017]

GAMEBLOG.FR [en ligne] URL : http://www.gameblog.fr/news/55530-street-fighter-et-tekken-partagent-ils-un-meme-univers-la-re [consulté le 27 Février 2017]

IGN.COM [En ligne] URL : http://www.ign.com/articles/2017/02/12/why-tekken-7-may-have-a-bright-future-as-an-esport [consulté le 27 Février 2017