Depuis quelques temps, je vois de plus en plus de gens parler de la série Skam. Je ne m’y suis d’abord pas intéressée parce que les séries type « teenager » je trouve ça chiant. Mais il se trouve qu’on est en juin, que je suis en vacances, qu’il fait chaud, que j’ai pas de taf et que je m’ennuie. Donc, par curiosité je me suis lancée.

Skam c’est donc une série créée en 2015 par Julie Andem. Les protagonistes évoluent à Oslo, et rien que pour ça je vous recommande vivement la VOST, parce que le Norvégien ça claque et que c’est assez agréable à écouter (c’est notamment pour ça que j’ai continué à regarder, au début). Le pitch tient en une phrase : on suit un groupe d’adolescent.es d’une population plutôt privilégiée, aisée, dans leur lycée, avec leurs histoires de potes, de cul, de love et autres scandales. Donc ouais c’est pas particulièrement attrayant.

Les débuts pas bien folichons

Les saisons sont construites chacune autour d’un personnage différent. Dans les saisons suivantes, ce personnage redevient un personnage secondaire.

Ainsi dans la première saison, on fait la connaissance d’Eva, qui rentre en seconde dans un lycée où elle ne connaît que son petit copain et son gars sûr : Jonas et Isaak. J’ai trouvé cette saison beaucoup trop inintéressante et beaucoup trop pleine de drama lourdingue. C’est histoire de cœur sur histoire de cœur, des tartines d’histoires de cœur. On rencontre aussi dans cette saison les personnages qui seront présents tout au long de la série : Chris, bout-en-train rondouillarde (personnage qui aurait pu être un peu plus mis en avant, dommage), William le bg, la naïve Vilde, Sana, et Noora.

C’est cette dernière qui est au centre de la deuxième saison. Du drama en entrée, des histoires de cœur en plat du jour MAIS un personnage féminin plutôt sympa finalement. La saison 2 de Skam est encore trop peu intéressante à mon goût, cependant, le personnage de Noora se défend mieux.

En revanche, la troisième saison est à mes yeux un étonnant retournement de situation.

Un tournant intéressant

Le protagoniste que l’on suit est Isaak. J’ai trouvé cette saison SUPER TOUCHANTE. Isaak se révèle comme étant à mes yeux un des deux personnages les plus réussis de la série. Il est adorable et j’ai eu envie de lui faire des câlins tout du long.

Spoilers »

Cette saison (bien qu’encore beaucoup trop blindée de drama) aborde le thème de l’homosexualité dans une démarche qui m’a semblée sincère et émouvante. On y aborde aussi le sérieux sujet des maladies mentales comme la bipolarité d’une manière qui, pour une fois, ne m’a pas horrifiée. C’est à cette saison que je me suis mise à apprécier la série.

La quatrième et dernière saison propose le parcours de Sana, jeune fille musulmane. C’est le deuxième personnage le plus réussi. Sana a un caractère bien trempé. Elle est indépendante et plutôt féministe ce qui, mon dieu, fait du bien. Un des sujets principaux de cette saison (parce que non, vous n’échapperez pas au drama) c’est la religion et par conséquent les relations sociales, familiales, la place des femmes, etc.

Keur sur vous jeunes Norvégien.nes

La troisième et quatrième saison de la série Skam sont vachement mieux construites que les précédentes, non seulement grâce aux sujets qu’elles abordent, mais aussi car j’ai trouvé la réalisation plus agréable et fluide. Mais l’ensemble de la série dépeint une jeunesse et son époque de manière assez juste et jamais condescendante ou moqu,euse. Il est donc possible de regarder les dernières saisons indépendamment des autres mais vous passerez à côté du fil rouge de la série, le très fameux « RussBuss », vous passerez à côté de la présentation et de l’évolution des personnages, vous passerez à côté de plusieurs détails (mais ça peut se faire). De plus, la série a l’avantage de proposer un format assez court : les épisodes font entre 15 et 30 minutes, c’est plutôt vite fait franchement, même si les deux premières saisons sont pas ouf, ça se fait.

Le final en revanche est incontournable.

J’aurais sûrement adoré cette série si je l’avais vue lorsque j’avais l’âge des personnages. Mais si vous appréciez les jeunes gens beaux et stylés, les soirées beuveries, les histoires de coucherie et SURTOUT le drama, allez-y les yeux fermés, cette série est conçue pour vous.

Peut-être ne suis-je pas la cible et aussi il est fort probable que le fait de ne pas comprendre un traître mot de la langue originale fait perdre un peu de la profondeur au récit mais Skam finalement c’est une série assez douce et esthétique, les personnages sont attachants et plein d’émotions (et mention + aux acteurs/ices que j’ai trouvés assez doué.es.).

Mathou