« Qui ne dit mot consent », cette phrase questionne… Qu’est-ce que le consentement ? Dans quelle mesure doit-on, lorsqu’un « oui » clair et audible n’est pas prononcé, le voir se dessiner par des gestes ?

« Qui ne dit mot consent », ce qu’un ami, une connaissance a pu se dire un de ces soirs. C’est ce qu’une personne a pu se dire lorsque les vapeurs de l’alcool ont embrumé son esprit ou simplement son désir.

« Qui ne dit mot consent », une seule phrase qui entretient l’acceptation d’agressions sexuelles par des proches, des tiers, de simples connaissances. Le viol ne se fait pas toujours dans la violence. Par ailleurs, l’article 222-23 du code pénal le déclare dans quatre cas particuliers : « Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol ». À partir du moment où un refus a été exprimé, ne pas dire « non » par la parole encore et encore, ne veut pas dire « oui ». C’est alors un viol, car l’acte est effectué de façon contrainte et par conséquent, est non consenti.

« Qui ne dit mot consent », ce genre de phrase qui entretient cette culture du viol dans laquelle nous vivons ; qui permet d’accorder une valeur moindre à des agressions non violentes — au sens littéral du terme —, faites souvent par des personnes de confiance.

« Qui ne dit mot consent », est réfutable. Cela n’enlève rien à la violence psychologique mais aussi physique interne d’un acte de pénétration non-consenti. C’est une intrusion violente dans l’intimité d’une personne – même si à un certain point, elle n’a plus la force d’exprimer son refus.

À tous-tes les agresseurs-euses, à tous-tes les agressés-ées … Aucune situation n’est toute blanche ou toute noire. Il n’y a pas le Bien d’un côté et le Mal de l’autre mais nous devons de façon intelligente réfléchir à la question du viol. Où est-ce que s’arrêtent le plaisir, le désir, l’intime et le consentement ? Où commence l’agression ? Les limites sont plus floues qu’on ne le pense.  Quoi qu’il en soit, nous devons dire un non ferme aux préjugés qui visent à dire que ne rien dire signifie un « oui ». Ne rien dire peut vouloir dire « NON » encore plus fort que s’il était hurlé.

Arrêtons cette culture du viol qui minimise l’impact psychologique que peut avoir l’intrusion d’un corps dans un autre, sans consentement mutuel. Cela revient à rendre une personne étrangère à son propre corps ; ce qu’elle a dans la vie, de plus intime. En quelques mots, c’est s’introduire dans son âme, en lui volant, pendant de longues minutes, la possession de ce qu’elle a de plus cher, son être physique et mental.

Réfléchissez, il n’est plus temps de culpabiliser les victimes, mais d’accepter que la société dans son ensemble a un problème, pour que l’on puisse avancer et contrer ce phénomène qui touche plus de personnes que l’on imagine.

« Qui ne dit mot ne consent pas », un changement d’opinion bienvenu dans une société de traumatisés-es.

Sergente Garcia et Atchoum