Impossible de me souvenir comment je suis tombée sur cette série. Je l’ai regardée sans rien attendre de bien palpitant. Quelle ne fut donc pas ma surprise (et mon intense joie) lorsque je me suis plongée dans Over the Garden Wall.

C’est un grand OUI et gros, gros coup de cœur pour cette série animée. Le format ne laisse pas le temps de s’ennuyer : seulement 10 minutes par épisode, 10 épisodes et une unique saison. Intense, mais court. Mais intense. Il y a assez d’épisodes pour faire durer le plaisir et l’étendre sur une semaine si vous vous en sentez l’envie (et la force), mais j’admets qu’en deux heures j’avais déjà binge watché* de manière compulsive, sans me rendre compte de mon avidité (et j’ai regretté l’absence d’une deuxième saison).
L’originalité de l’ensemble de la production n’est pas sans rappeler la série précédente, plus populaire, du même réalisateur (qui décidément est efficace) : Adventure Time.

Si Patrick McHale nous avait habitués à un environnement tout en sucre d’orge, papier bulle et couleurs vives, ici il nous plonge dans une forêt creepy pleine de brouillard et d’arbres sinueux.
On y est plongé en tant que spectateur sans autres repères que les contes types Petit Poucet ou Petit chaperon rouge que l’on connaît tous, et les histoires que l’on se racontait sous la couette pendant les soirées pyjama. La trame narrative est simple et on découvre les lieux en même temps que les deux attachants protagonistes qui ont perdu leur chemin. Wirt, l’aîné, est craintif, angoissé et enclin à la panique, souvent provoquée par les frasques invraisemblables de son petit frère Greg, crédule comme pas deux, coiffé d’une théière et accompagné de sa grenouille.


Dès les premières notes au piano du générique, la musique envoûte et transporte ailleurs. L’animation est, à mon goût, un succès, les dessins sont réussis et la réalisation très appréciable. On s’enfouit dans son plaid et dans le monde magique avec tentation pour n’en ressortir qu’avec l’envie d’y retourner, enchanté.

Chaque épisode est une nouvelle micro-aventure, la rencontre avec de nouveaux personnages : sorcière, bûcheron solitaire et angoissant, citrouilles, grenouilles dansantes et village paranormal. L’univers classique halloweenesque est parfaitement maîtrisé. La forêt, la brume palpable, la bête qui rôde et les bougies qui s’éteignent dans un souffle, tout y est. Cependant la série s’empresse de déconstruire habilement chaque scénario que le spectateur se construit, apportant ce petit rebondissement surprenant et bienvenu.

Je ne peux donc que recommander cette jolie série pleine de charme qui a su faire de mon après-midi -à priori nul-, un petit moment fort plaisant.

Mathou

*Binge Watching (ici) : Mater tous les épisodes d’une série en une fois, sans pause.