Amateur de frissons et d’histoires à vous glacer le sang? Vous aimez les poulpes, les tentacules et les bestioles bizarres? Alors jetez un oeil aux Montagnes Hallucinées de Gô Tanabe…

En 1931, l’université Mikatonic du Massachusetts lance une grande expédition vers le cercle antarctique pour explorer ce désert blanc polaire. Suite à la mort d’une dizaine de ses collègues et à des révélations troublantes transmises par ces derniers, le Professeur Dyer va découvrir un monde aux confins de l’innommable et de la folie…

Paru en 1936 dans le magazine Analog Science Fiction and Fact, Les Montagnes Hallucinées est aujourd’hui considéré comme un monument de la littérature fantastique horrifique, et comme l’un des piliers de l’œuvre de Howard Philippe Lovecraft avec l’Appel de Cthulhu.

Alors pourquoi parler de cet ouvrage aujourd’hui ?

Le 4 octobre dernier paraissait chez Kioon l’adaptation en manga des Montagnes Hallucinées par le dessinateur Gô Tanabe, nous ne pouvions pas passer à côté de l’occasion de parler ce bel ouvrage!

Il faut avouer qu’il s’agit d’un pari assez dangereux, et que nombre des fans de l’œuvre de Lovecraft risquent de l’attendre au tournant, quelques prières aux Grands Anciens au bord des lèvres…

Dangereux également, car adapter en format visuel un roman de Lovecraft n’est pas si simple. Tout d’abord dans le fait que la plupart du bestiaire fantasmagorique de l’auteur est constitué de créatures venant d’une autre dimension. Ainsi, elles sont indescriptibles pour de simples mortels, qui risquent de devenir fous rien qu’à la vision de ces terribles entités cosmiques.

Pourtant le pari est assez bien relevé. Il doit son succès à un style de dessin assez brut et à un ancrage sombre, qui rend parfaitement bien l’ambiance oppressante de l’écrit original. Le choix de l’œuvre n’a d’ailleurs peut-être pas été fait au hasard, car il s’avère que les Montagnes Hallucinées contiennent énormément de descriptions physiques très précises, rendant probablement l’illustration des créatures plus facile à des êtres humains.

Ainsi, l’histoire et l’atmosphère de la nouvelle sont habilement retranscrites, pour une découverte simple d’un ouvrage au départ assez lourd et compliqué à lire en terme d’écriture. Le texte original contient en effet de nombreuses successions de termes scientifiques précis, ce qui rend la lecture parfois laborieuse et vous la fera arrêter régulièrement pour trouver des définitions sur Wikipédia.

Ajoutons à cela une édition aux petits oignons avec couverture simili cuir gravée et à l’illustration magnifique de Gô Tanabe, et cela vous donne un petit bijou fort intéressant à la fois pour les grands fans de Lovecraft comme pour les néophytes qui souhaiteraient découvrir cet univers.

Balgain