Beaucoup d’entre nous entendent à longueur de journée les opinions paternalistes qui visent à faire croire que les jeunes sont fainéant.es, qu’il/elle.s en font le moins possible, qu’il/elle.s ne sont pas capables d’avoir une opinion sur des sujets sociétaux car il/elle.s « ne connaissent rien à la vie » et encore bien d’autres préjugés que je ne citerai pas ici car la liste est bien trop longue.

Néanmoins, il faut insister sur le mot « préjugé » car cela n’est pas représentatif de l’ensemble de la population que l’on qualifie de « jeune ». Une grande partie des jeunes est capable d’engagement à plusieurs niveaux, pour plusieurs causes différentes. C’est par ailleurs à nous de provoquer le débat, d’en être acteur.ice car nous sommes les habitant.e.s du monde de demain. Nous devons toutes et tous nous emparer de ces sujets sur lesquels les « vieux » bien-pensants affirment que nous n’avons pas la maturité de comprendre.

L’éducation populaire, premier pas vers l’engagement ?

Plusieurs associations ou collectifs qui s’inscrivent dans la notion d’éducation populaire nous le montrent en permettant à des jeunes de s’engager selon le temps qu’il/elle.s veulent donner ou encore en défendant notre cause. Pour en citer quelques-unes :

  • Le réseau national des juniors associations (ou RNJA, pour les intimes) qui permet à l’échelle nationale aux mineur.e.s de créer leur association sous l’accompagnement de coordinateur.ice.s régionaux qui,
    juridiquement, endossent le rôle de président.e, ne pouvant être assuré par un mineur.
  • Animafac ou l’association nationale des associations étudiantes ! Vous faites partie d’un BDE, d’une association de faculté, peu importe son objet ? Animafac vous permet d’échanger, de vous former et peut même vous aider à monter votre association (guides pratiques sur le financement,
    la communication, etc.).
  • Stop aux clichés sur les jeunes, collectif d’associations d’éducation populaire qui lutte, comme son nom l’indique, contre les clichés sur les jeunes par le biais de recherches d’articles journalistiques valorisant des initiatives jeunes ou par le biais de photos mettant en scène des jeunes marquant un cliché sur une ardoise.

Notre parole a de la valeur !

La dernière association dont j’aimerais vous parler s’appelle Jets d’encre, qui a un fonctionnement très particulier. En effet, c’est une organisation de jeunes gérée par des jeunes, qui ne comporte qu’un.e seul.e salarié.e  correspondant au poste de délégué.e général.e. Parler de cette association prend tout son sens dans Parabole car elle défend et promeut la presse d’initiative jeune en organisant des événements (locaux ou nationaux), produisant des ressources pour aider à la création de journaux. Cette association a donc un double effet bénéfique sur les jeunes. D’une part, elle nous montre que les jeunes – au même titre que les « vieux » – ont le droit à la parole et peuvent exprimer des opinions pertinentes et tout aussi valables.

D’autre part, ses instances dirigeantes étant occupées par des jeunes, cela leur permet de monter en compétence et de voir qu’ils sont capables d’organiser des événements à 50 personnes ou plus, de A à Z,  de défendre des projets auprès de partenaires et d’agir sur le milieu da
ns lequel il/elle.s vivent.

De plus, ces combats ne sont pas vains : dernièrement, la loi Égalité et Citoyenneté a été promulguée. Dedans y figure l’abaissement du droit de publication à 16 ans, permettant aux mineur.e.s de 16 ans, sans autorisation préalable des parents, d’assurer le rôle de directeur de publication hors cadre scolaire. Une grande victoire pour les militant.e.s de Jets d’encre qui se battaient pour cela depuis 2013. Figure également dans la loi la pré-majorité associative à 16 ans, également pour prendre la présidence d’une association. Ceci est un pas en avant pour une prise de responsabilité des jeunes avec la confiance juridique qui va avec.

Les jeunes le font !

Face aux sceptiques qui diront que les jeunes sont désintéressé.e.s par le monde qui les entoure, je répondrais que ce n’est pas le cas. Nous sommes, certes, encore trop peu, mais nous agissons. Peut-être que c’est à petite échelle, autour de causes biens précises mais nous ne sommes pas passif.ve.s et lobotomisé.e.s par nos écrans. Une preuve plus large est l’engagement de la part de la population jeune qu’a suscité la loi travail. Nous étions dans les rues durant des semaines, entraînant dans la foulée le mouvement de Nuit Debout pour réfléchir à la façon dont est dirigé notre pays actuellement et sur le genre de gouvernement sous lequel nous voulons évoluer.

Alors, vous voyez, nous n’avons pas besoin d’attendre un nouveau mai 68 pour agir sur notre société : engagez-vous ! Si vous n’êtes pas encore convaincu.e, lisez Indignez-vous, un petit manifeste de HESSEL qui nous prouve que même si nous ne sommes pas agité.es par les conflits d’une même envergure que les générations précédentes, il y a un tas de choses qui ne vont pas… Il suffit de regarder la politique de Trump aux États-Unis, faisant régresser le droit des femmes, entre autres choses,  ou encore l’horizon des élections présidentielles françaises en 2017 qui nous amène à voter pour le candidat “le moins pire”.

 

Réfléchissez
Agissez
Engagez-vous
Indignez-vous !

 

C’est à nous de choisir dans quel monde nous voulons vivre !

Sergente Garcia