Pour donner le ton de cet article, sachez qu’initialement, je ne suis pas une grande adepte des boites de nuit françaises. En ayant testé quelques clubs lors de mes deux années d’études à Lyon, le problème était toujours le même : j’étais une proie, quand la plupart des garçons autour de moi étaient des chasseurs affamés. Néanmoins, mon amour pour la danse est assez grand. C’est pourquoi cela a toujours été un grand regret dans ma vie de m’empêcher d’aller en boite de nuit pour cette raison.

Ayant emménagé à Dublin il y a 4 mois, je me suis réconciliée avec les boites. En effet, plus sous la forme de bar dansant pour certaines, l’ambiance y est radicalement différente. Toutes les personnes présentes sont là pour s’amuser et non pour ajouter des filles à leur tableau de chasse. On se retrouve donc dans un cadre de confiance, de convivialité, festif où tout le monde se parle, danse et est là pour passer une bonne soirée. Et oui, auparavant, je ne pensais pas qu’il était possible de passer une soirée en boite sans se faire importuner toutes les 3 minutes.

Je suis rentrée en France pour les fêtes et une amie à moi m’a traînée dans une boite parisienne nommée le Duplex. Imaginez mon choc culturel quand je me suis retrouvée dans ce club au centre de Paris. Le thème de la soirée était la « Luxure ». Mais ce qui m’a choqué au premier abord c’est que sur l’affiche, deux femmes à moitiés nues étaient représentées, l’une tirant avec ses dents le string de l’autre. À cela s’est ajoutée une autre femme habillée de façon très osée, bien réelle, qui est passée tout au long de la soirée pour verser du punch directement dans la bouche des personnes présentes dans la boite. Jusque là nous étions face à du sexisme publicitaire, spécialement choisi par les propriétaires de la boîte à des fins marketing. Mais j’ai eu le regret de découvrir le sexisme encore plus flagrant de tous les garçons présents, qui n’étaient là que pour essayer d’emmener des filles dans leur lit. Au fil de la nuit, la plupart d’entre eux ont essayé à la fois de « choper » mes deux potes et moi-même, changeant de cible quand l’une les repoussait. J’ai aussi été assaillie de toutes parts à coup de remarques telles que :

« Maintenant que tu as enlevé ton pull, enlève le reste »

« Pourquoi tu gardes ton pull autour de ta taille ? On ne peut pas voir tes formes ! »

Et j’en passe.

A un moment donné, un type m’a même attrapée derrière les cheveux pour presque m’embrasser de force (heureusement que j’ai été plus rapide que lui). En résumé, que des choses qui ne seraient jamais arrivées dans une boite dublinoise ou vraiment à moindre mesure.

Ce n’est pas que les irlandais ne draguent pas, mais c’est qu’ils le font avec respect et sans prendre les femmes pour des objets.

Voici une petite comparaison bien sentie pour montrer à quel point la France, pays des droits de l’Homme et du soi-disant progrès social, peut être en retard sur certains points. Et ceci n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. J’ai été également stupéfaite de constater que je ne m’étais pas faite harceler dans la rue une seule fois depuis que j’avais emménagé en Irlande alors qu’en France c’était presque quotidien. C’est aussi un sentiment partagé par la plupart de mes personnes que j’ai rencontré ici, français.es ou non par ailleurs.

Un petit message pour rappeler à la population française que nous avons toujours des progrès à faire et qu’il faut que l’on reste vigilant.es par rapport à ce genre de questions. Plus qu’une question de loi écrite, c’est aussi une question de mentalité de masse qu’il faut changer dans nos comportements quotidiens, à l’échelle de toute la population. Selon moi, on aurait beaucoup plus à apprendre qu’on ne le pense de certains de nos voisins européens. Je ne suis bien-sûr pas en train de dire que c’est un problème inexistants dans ces pays, mais il reste moins marqué qu’en France. L’Irlande n’est pas non plus un parfait exemple de féminisme, au vu de son histoire très marquée par la religion les femmes n’ont toujours pas le droit d’avorter et doivent se tourner vers d’autres pays européens pour ce genre de questions.

Ce billet d’humeur est inspiré de mes sorties en France et à l’étranger ces 3 dernières années, ainsi que sur le ressenti partagé avec certain.es de mes ami.es.

 

Sergente GARCIA