Partir en mobilité Erasmus, ça fait quoi ? Une question qu’on se pose  avant de postuler pour un an/six mois de mobilité. C’est un mélange de sensations étranges qui s’insinuent en nous du moment où l’on prépare son dossier jusqu’au moment où l’on foule le sol de son pays de mobilité. Pour tou.tes celleux à qui cela arrivera après moi, voici une petite description des grandes étapes du début de cette aventure et les effets que ce grand saut dans le vide peut provoquer, auxquels on ne s’attend pas bien sûr.

Etape 1 : La réflexion

Avant de constituer son dossier, il faut déjà réfléchir à si l’on veut ou non partir en mobilité. Personne ne prend ce genre de décision sur un coup de tête car avant de commencer à constituer son dossier, il y a les doutes, les peurs, les envies, l’impression que l’on est incapable d’aller vivre dans un autre pays que le nôtre… C’est un vrai fouillis qui rassemble pas mal de sentiments contradictoires.

Si j’ai un conseil à vous donner quant à cette période, c’est de ne pas vous laisser guider par la peur. Commencez à penser à votre mobilité dès votre première année dans le supérieur pour ne pas vous laisser paralyser au moment de la constitution des dossiers. Quand une idée a fait un petit bout de chemin pendant longtemps, il est plus facile de sauter le pas. Car quand on y pense, à compter du moment où vous y réfléchissez, c’est qu’une part de vous veut partir ! Ne laissez pas passer cette chance par peur !

Etape 2 : Constituer son dossier

Je vous avoue que c’est pas le moment le plus glamour quand on veut partir en mobilité (mais c’est loin d’être le pire). Concernant les étapes administratives je ne peux vous parler que d’Erasmus et de ce qu’il se passe lorsque l’on est à la fac car c’est ce que j’ai vécu. Cela peut se passer totalement différemment ailleurs. Quand on est à la fac (dans la mienne en tout cas), on doit formuler trois vœux différents et les ordonner par préférence. C’est pourquoi il est important de regarder à l’avance la liste des destinations relatives à la filière dans laquelle vous êtes. Pour ma part, je voulais partir à Dublin et je n’avais jamais envisagé d’autres endroits. Cela a été très compliqué de trouver deux autres destinations qui me plaisaient autant. Les deux que j’avais mises étaient par défaut et je ne sais pas si je serais partie si j’avais été prise dans l’une d’elles.

Le dossier de candidature n’est pas très compliqué, il consiste seulement à rassembler ses relevés de notes, écrire un CV et des lettres de motivation pour les universités demandées.

En soit rien de bien méchant, mais cela reste un moment assez stressant. Une astuce : prenez y vous à l’avance ! Cela réduit considérablement le stress.

Etape 3 : L’attente des résultats

Cette étape là est l’une des plus difficiles. On y rencontre plusieurs phases de doutes intenses. La première consiste à avoir peur de ne pas être pris.e, de ne pas avoir un assez bon dossier, etc. Ces doutes-là sont dus au fait que l’on postule et que l’on attend ensuite pendant 2 ou 3 mois que quelqu’un.e décide de notre sort. En attendant c’est le flou, il est impossible de faire des plans pour l’année à suivre car on ne sait pas si on part ou si l’on reste.

Une deuxième peur est de ne pas avoir pris la bonne décision. Et si je n’avais pas envie de partir finalement ? Pourquoi s’embêter avec de la paperasse, changer de pays, aller au-delà de sa zone de confort alors que je pourrais simplement faire ma L3 pépère en France ? On s’est tou.tes posé.es la question à un moment ou à un autre. Cette étape, c’est la première fois qu’on la rencontre. On ne s’attendait pas à avoir autant de doutes et de peurs pour une décision prise il y a longtemps. Mais vous savez quoi ? C’est tout à fait normal et légitime, et encore normal. Vous êtes sur le point de bouleverser toute votre existence, réduisant à néant tous vos repères, vous seriez fou/folles de ne pas avoir peur.

Rassurez-vous seulement sur le fait que ce ne sont pas ces peurs-là qui vous bloqueront une fois là-bas ! Pour ma part, il y avait aussi cette crainte de ne pas être prise dans mon premier choix car les deux autres ne me plaisaient pas vraiment. Je commençais véritablement à me dire que je refuserais la mobilité si j’étais prise autre part qu’à Dublin.

Etape 4 : Les résultats

C’est un mail qu’on attend avec impatience, scrutant sa boîte mail toutes les demi-heures pendant la période des résultats. On sent la pression monter de jour en jour jusqu’à finalement le voir. On prend une grande inspiration, on ferme les yeux et on clique sur ouvrir. Si vous avez été pris.e – et qui plus est dans votre premier vœu – la première chose que vous allez faire est sauter de joie, prendre votre téléphone et l’annoncer à vos proches.

Le sourire ne vous quittera plus après cette journée-là car elle marquera la fin d’une première période de doute : vous allez partir, c’est bien réel !

Etape 5 : La fin de l’année

C’est une période où vous ne pensez pas trop à votre mobilité. Elle est là dans un coin de votre tête, vous savez qu’elle va arriver mais elle vous préoccupe moins que vos examens de fin d’année ou encore le fait de valider votre année.

Ces quelques mois de calme de ce côté-là arrivent à pic après l’ascenseur émotionnel que vous venez de vivre.

Etape 6 : Le début des démarches administratives

Vers le mois de mai vont commencer les démarches administratives (ou la phase de l’enfer).

Vous allez avoir une réunion d’information à la fac, qui ne va pas vous apprendre grand chose à part que vous allez être prétendument accompagné.es en ce qui concerne votre scolarité. N’en croyez pas un mot car le bureau des étudiant.es partant en mobilité est tellement surchargé que vous allez trouver très peu de réconfort/aide auprès d’eux.elles. C’est le moment où vous allez vous sentir submergé.es par toutes les démarches et lâché.es seul.es dans un océan de paperasse. Pour vous donner une idée, vous allez devoir gérer en même temps :

—       vos multiples demandes de bourses (ce qui n’est vraiment pas aisé au vu du nombre de documents demandés)

—       l’inscription dans votre université d’accueil

—       établir un contrat pédagogique qui doit être signé en main propre par votre université en France et votre université d’accueil (je pense que c’est cette partie la pire car vous ne savez pas encore quels cours vous allez prendre)

—       chercher un logement dans la ville dans laquelle vous allez faire votre mobilité (à Dublin, cela s’est avéré être presque mission impossible)

Et je vous en passe encore… A ce moment-là, la seule chose que vous pouvez voir c’est à quel point partir en mobilité est contraignant et à quel point vous êtes seul.e. Tou.tes vos ami.es attendent juste la rentrée prochaine et profitent de leurs vacances pendant que vous stressez car vous avez l’impression que vous n’arriverez à rien faire dans les temps. Vous vous demandez même pourquoi vous partez et qu’est-ce que cela va pouvoir possiblement vous apporter. C’est une période de troubles et de prises de tête mais ne vous inquiétez pas, il y aura toujours cette partie de vous qui se rappellera pourquoi vous vouliez partir au tout début, même si vous ne la voyez pas à l’instant.

Etape 7 : Les deux semaines qui précèdent le départ

A ce moment-là, si vous vous y prenez mieux que moi, toutes les démarches administratives sont terminées. Il ne vous reste plus qu’à faire vos valises pour votre nouvelle vie. C’est un moment de grand trouble parce que vous êtes à la fois intensément heureu.se de partir et triste de quitter tou.tes celleux que vous aimer, ou encore effrayé.es par le fait de perdre littéralement tous vos repères.

Chacun.e vit cette étape à sa façon. Elle est dure, elle est intense et vous allez apprendre beaucoup de vos relations avec les autres pendant cette période. Notamment qui compte vraiment pour vous ou non.

Etape 8 : Le départ

Les papillons dans le ventre, vous êtes à l’aéroport. Vous allez pleurer quand vous allez quitter vos proches devant la porte d’embarquement, car la séparation n’est jamais facile, mais gardez en tête que vous ne partez pas pour toute la vie et que vous aurez des centaines d’histoires à leur raconter en rentrant. Et je vous assure que quand votre avion atterrira, que vous rejoindrez votre nouveau chez vous : toutes vos peurs se seront envolées. Vous vous sentirez libres et prêt.es pour cette incroyable aventure.

Cela fait une semaine que je suis ici, j’ai rencontré des centaines de personnes venant du monde entier et je ne regrette pas une seule seconde le choix que j’ai fait il y a 6 mois de me lancer là-dedans. Malgré tous les moments de doutes créés par le départ, l’aventure qui en découle en vaut la peine !

Cet article est le premier d’une série qui racontera ma mobilité mois par mois. Pour toutes celleux qui ont peur, qui n’osent pas : vous pouvez le faire ! Et j’espère pouvoir aider certain.es d’entre vous.

Au prochain article, pour la suite de l’aventure…

Sergente Garcia