« Apprenez une nouvelle langue et trouvez une nouvelle âme ».
– Proverbe Tchèque

La rentrée passée, en ce doux mois d’Octobre, on reprend les petites habitudes du quotidien. Peut-être revenez-vous d’une année Erasmus pendant laquelle vous avez changé d’environnement, de potes, de quotidien, et aussi, de langage.

Le langage selon Saussure, ce n’est pas seulement la langue par laquelle on s’exprime, mais tout le système qui permet de s’exprimer, ce qui fait le langage quelque chose de culturel, pas vraiment neutre.

Benjamin Lee Whorf, linguiste et anthropologue américain, a fondé une hypothèse à ce propos qui dit que « les représentations mentales dépendent des catégories linguistiques, autrement dit que la façon dont on perçoit le monde dépend du langage » (selon Wikipédia)

Les gens bilingues que j’ai rencontrés changeaient de voix lorsqu’ils changeaient de langue. Iels parlaient aussi sur un ton et un volume de voix différents. Je ne suis pas bilingue mais j’imagine que changer de langue change notre façon de penser : deux langues différentes ne possèdent pas les mêmes mots et la même histoire, etc.

On s’adapte à un autre langage, une autre culture, un autre environnement quand on change de pays, mais est-ce que le seul fait de changer de langue peut nous faire changer de personnalité ?

En faisant mes petites recherches sur le sujet, j’ai découvert que des chercheurs/euses avaient eu la même idée bien avant moi. La première étude remonterait à 2006 et a été réalisée aux États-Unis par Nairan Ramirez-Esparza. Les gens interrogé.es en espagnol et en anglais ne mettraient pas en valeur les mêmes choses lorsqu’iels parlent d’elleux dans chacune des langues.

Certaines critiques, notamment faites en psychologie, expliquent que ce ne serait qu’un contexte : c’est-à-dire qu’on n’a pas exactement la même façon de parler à son patron qu’à son ami, et ce, même si l’on s’exprime dans la même langue aux deux. Tout ne serait qu’une histoire de contexte, indépendamment de la langue. Une critique qui selon moi ne tient pas réellement debout puisqu’elle ne permet pas du tout d’expliquer les études faites sur des personnes bilingues, qui analysent des publicités dans deux langues et qui n’expriment pas la même chose, ou bien juste la première série d’expérience qui consistait à faire parler quelqu’un.e de lui…

Les études sur ce sujet sont vastes et loin d’être terminées. Effectivement les bilingues n’utilisent pas leurs deux langues dans les mêmes contextes (la langue maternelle en famille et celle du pays, au travail par exemple). Il est donc important de dire que oui, le contexte et la situation évoqués en psychologie jouent un rôle essentiel dans ce « dédoublement de la personnalité » qui serait donc à nuancer. Toutefois, il est désormais sûr que parler une deuxième langue (ou plus) permet, non pas de devenir quelqu’un.e d’autre, mais de découvrir de nouvelles facettes de notre personne.

Sources 

Mathou